27 janvier 2011

Opération  »Solidarité 2011 »:

La baisse de 30 % sur les prix des denrées alimentaires a été très bien accueillie par les populations, mais elle est loin de satisfaire la population. L’opération “Solidarité 2011“, démarré le 20 janvier, n’a pas suscité de l’enthousiasme au sein de la population ; le calme règne en maître dans les “250 boutiques témoins“ de la capitale. Est-ce la conjoncture ou bien la mauvaise qualité des produits de ces boutiques? Les langues commencent à se délier.

Après deux semaines de grognes et de protestations contre la hausse des produits de première nécessité, le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, vient de mettre fin aux suspicions des populations, par l’ouverture de 600 points de vente dans tout le pays. Une opération qui tarde à démarrer sur les chapeaux de roues. Pour le moment, en tous cas, l’heure n’est pas à la bousculade.

Les 250 boutiques ouvertes un peu partout dans la capitale par les autorités, pour juguler l’inflation du pouvoir d’achat, n’attirent pas beaucoup de monde. Et pourtant les nouveaux prix affichés par les autorités défient toutes concurrences : le kilo de riz à 130 UM, celui du sucre à 200 UM, le litre d’huile à 290 UM.

Produits à bas prix

« 2 kg de riz, 1kg de sucre et1 litre d’huile », telle est la ration quotidienne disponible pour chaque acheteur, dans les 250 boutiques de “l’opération solidarité 2011. Malgré la baisse de 30% des produits de première nécessité, les boutiques n’ont pas encore connu une affluence massive de la population.

Pourtant, les femmes, mères de famille, n’ignorent pas l’existence des “boutiques témoins“. Minétou D, la trentaine, raconte : « les prix du marché et des boutiques témoins sont pratiquement les mêmes. En plus le riz est de mauvaise qualité. Le Gouvernement devait aussi diminuer le prix des volailles. Ce n’est pas normal que le prix de la cuisse de poulet passe du simple au double. Comme le poisson est cher dans les marchés, beaucoup de familles se rabattent sur les cuisses de poulet, clame-t-elle.

Selon Zeïnabou S, domestique, elle affirme que sa patronne lui interdit d’acheter les produits des “boutiques témoins“ : « ma patronne n’a pas confiance à la qualité de l’huile, ni du riz. Elle m’a interdit de les acheter depuis le premier jour » dira-t-elle.

Une boutique témoin

Une grande banderole de l’opération « Solidarité 2011 » montre l’emplacement des lieux. Les sacs de riz, de sucre et de farine jonchent le sol de ces boutiques. Selon l’un des vendeurs, sa boutique n’a pas connu une grande affluence, depuis le démarrage de l’opération ; mais néanmoins, le sucre et l’huile sont les denrées qu’achètent les clients. La qualité du riz dira-t-il, n’est pas bien apprécié par les acheteurs. Ces derniers préfèrent le riz parfumé qui se négocie aujourd’hui à 400 Um le kilo, ajoute-t-il.

Selon lui, la cuisse de poulet et le lait sont les denrées les plus demandées par les clients. Deux produits qui n’entrent pas pour le moment dans le programme de l’opération, mais qui devrait néanmoins faire leur entrée, vu les nombreuses demandes des populations.


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