Retour au bercail des réfugiés mauritaniens:
Les deux gouvernements, mauritanien et sénégalais, ont signé depuis le 12 Novembre 2007, un accord tripartite permettant ainsi, le rapatriement d’une vingtaine de milliers de refugiés, pour la période allant de Janvier 2008 à Décembre 2009 ; mais le manque de volonté et d’engagement des autorités chargées du bon déroulement du dit “retour“ aurait fait trainer les choses.

Rappelons que ces refugiés mauritaniens avaient été expulsés de leur pays en Avril 1989, suite à des affrontements interethniques qui avaient fait plusieurs milliers de victimes de part et d’autre du fleuve Sénégal. C’est à la suite d’une réunion, tenue le 13 Juillet 2010 à Nouakchott, que le comité de pilotage (comprenant les représentants des signataires de l’accord tripartite du 12 novembre 2007 reprendront véritablement les opérations de rapatriements. Ainsi le 18 octobre 2010, après plus d’une année de pause, que la première vague de 121 refugiés (hommes, femmes et enfants) sont accueillis à Rosso (200 kilomètres au sud de la capitale Nouakchott, frontière du Sénégal voisin). Ensuite, une deuxième vague de 119 personnes ont suivis, puis un troisième contingent de 161 personnes.
L’agence national chargée de la réinsertion des refugiés (ANAIR), dont son directeur général M. Bâ Madine, et les autorités administratives de Rosso, devront accueillir très exactement 2484 personnes qui rentrent au bercail. Ne manquons pas de saluer l’enthousiasme au travail et l’ardeur des agents de l’ANAIR, que l’on pouvait distinguer des autres, par leurs giletset leurs casquettes de couleur orange.
Si certains refugiés continuent à avoir en mémoire les pénibles évènements de 1989, parce que toujours gagnés par la peur, d’autres par contre se disent très satisfaits de retourner au bercail. “Nous sommes contents de retourner chez nous, après 21 ans de déportation et nous pensons que de pareilles situations ne se reproduisent plus jamais“, confia l’un des refugiés intellectuels du tout premier contingent. Chaque refugié recevra une ration alimentaire pendant une durée de trois mois, un lopin de terre habitable, un permis d’occuper le site offert, et d’une vache. L’organisme des Nations Unis remettra à chaque adulte, un montant de 35 mille francs CFA (environ 50 euros), et à chaque enfant, un montant de moins de 20 mille francs CFA (environ 25 euros) ; aussi chacun recevra une moustiquaire et une couverture.
Il faut souligner clairement que ce nouveau processus de retour des victimes des évènements de 1989, intervient suite au retrait ultérieur du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, du Sénégal.
