11 octobre 2010

La grève des étudiants

les 24 et 25 Mars 2010, plus d’une centaine d’étudiants négro-mauritaniens francophones ont manifesté à l’université de Nouakchott contre le projet du premier ministre « Moulaye Ould Laghdaf« , d’arabiser le système de l’éducation ainsi que l’administration mauritanienne. Cette marche qui se voulait pacifique a très rapidement dégénéré en des échanges de jets de pierre et de grenades de gaz lacrymogènes entre les étudiants et les forces de l’ordre.
En effet, une partie d’étudiants, membres du syndicat national des étudiants mauritaniens (SNEM) et des clubs bilingues de l’université de Nouakchott se sont rassemblés très tôt le matin du 24 mars,dans l’enceinte de la faculté des sciences et techniques. Ceux-ci brandissaient des pancartes où ils réclamaient des excuses de la part du chef du gouvernement ainsi que la démission de la ministre de la culture, Mme Cissé Mint Boidé. Selon Ndiaye Kane Sarr, porte parole du mouvement de grève; il dit réagir contre les propos discriminatoires du premier ministre et de la ministre de la culture : << Nous voulons qu’ils disent aux mauritaniens, que dans ce pays, il y a des négro-mauritaniens et des arabo-berbères >>. Quant à la ministre de la culture,continua t-il : <<Elle doit démissionner de ce poste qu’elle ne mérite pas; car comment pourrait-elle représenter à l’échelle mondiale, cette diversité culturelle que regorge notre pays? Et oser affirmer, dans le même temps, que nos langues nationales ainsi que le français font obstacles à l’émergence de la langue arabe >>. << C’est inadmissible >>, insista t-il. Aussitôt l’arrivée des forces de l’ordre, que les manifestants se dispersèrent car surpris par la descente en force de ces derniers.
Le lendemain du 24 Mars 2010, décidés plus que jamais à aller jusqu’au bout, les étudiants grévistes lancèrent des houléments à l’arrivée des forces de l’ordre. La réplique ne se fit pas attendre; une première grenade lacrymogène fut lancée dans la foule de manifestants, ensuite une deuxième, puis une troisième et commença alors un interminable échange de projectiles. Les forces de l’ordre recevaient en retour des pierres; mais gare à l’étudiant qui avait le malheur d’être pris, il regretterait toute sa vie car ils étaient sans pitié. Un autre groupe d’étudiants venait de se former, majoritairement des maures arabes; ceux-là brandissaient des pancartes où ils scandaient en arabe : << Oui,à l’arabisation de la Mauritanie >>. Le S G du SNEM, Me Yacouba Diakité, parle lui de calamité : <<A travers la télé mauritanienne, on sent le déséquilibre culturel; tout est arabisé. Faut-il rappeler que dans ce pays, il y a aussi des Poulars, Wolofs et Soninkés >>, s’exclama t-il. La répression policière fut brutale, plusieurs étudiants furent blessés. Des arrestations se suivirent, notamment celle du journaliste Djibril Diallo et de quelques étudiants.
Ce conflit entre tenants d’une arabisation complète du pays et les défenseurs de la langue française remonte à l’indépendance de la Mauritanie, en 1960. Cette bombe à retardement fera de gros dégâts lorsqu’elle éclatera un beau jour.notre voix

Partagez

Commentaires

Boukari Ouédraogo
Répondre

Il faut faire attaention à genres d'initiative politicienne. Le Rwanda n'est pas loin.